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Icônes d’ikone - Part 2

Le 18/02/2016

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Poursuivons cette série “Icônes d’IKONE“ — dans laquelle IKONE rend hommage aux artistes contemporain qui l’inspirent, et dont certaines des œuvres ornent nos biens — avec l’un des plus grands trouble-fait de l’art contemporain: le new-yorkais Keith Haring. Sa peinture est proche du mouvement de figuration libre, initié par Combas. Son œuvre, tel un langage figuré et volubile sur des sujets universels, reste comme l'une des plus importantes de la fin du XXe siècle.

Très jeune déjà, Keith Haring écoute Aerosmith, les Beatles, et consomme drogues et alcool. Ses études l’amènent à New York, et plus particulièrement dans l'East Village, où il découvre la foisonnante culture alternative des années 1980 qui, hors des galeries et des musées, développe son expression sur de nouveaux territoires : rues, métros, entrepôts, etc. Il rencontre des artistes de la vie underground new-yorkaise tels Kenny Scharf et Jean-Michel Basquiat avec qui il devient ami, et organise ou participe à des expositions et performances au Club 57, qui devient le lieu fétiche de l'élite avant-gardiste. C'est à cet endroit que le “Bébé rayonnant“, un des pictogrammes les plus connus de l'artiste, fut inspiré.

Inspiré par le graffiti, tenant du Bad Painting, et soucieux de toucher un large public, Haring commence à dessiner à la craie blanche sur des panneaux publicitaires noirs du métro de New York. Il grave également des dalles de grès des trottoirs dans l'East Village (elles sont toujours présentes de nos jours). Un photographe, Tseng Kwong Chi, le photographie en permanence, même quand la police l'arrête. Il exécute plusieurs milliers de ces dessins, aux lignes énergiques et rythmées. La griffe Haring, c'est la répétition infinie de formes synthétiques soulignées de noir avec des couleurs vives, éclairantes sur différents supports. C'est un récit permanent où l'on retrouve bébés à quatre pattes, dauphins, postes de télévision, chiens qui jappent, serpents, anges, danseurs, silhouettes androgynes, soucoupes volantes, pyramides ou réveils en marche, mais aussi sexualité et pulsion de mort.

Dans son désir de rencontrer un large public et de rendre son art accessible au plus grand nombre, il ouvre en 1986, dans le quartier de SoHo, son Pop Shop, boutique où se vendent des objets, vêtements, posters, etc. illustrés par lui, comme autant d'œuvres « au détail ». Cette dé-marche très controversée dans les milieux artistiques est néanmoins fortement appuyée par ses amis et son mentor Andy Warhol. Son travail l'amène à collaborer avec des artistes tels que Ma-donna, Grace Jones, Timothy Leary ou encore William S. Burroughs. En 1988, il apprend qu'il est infecté par le virus du sida. Il s'engage dès lors fortement dans la lutte contre cette maladie, mettant tout son art et sa notoriété au service de cette cause et de sa visibilité. Il crée à cet effet la Keith Haring Foundation en 1989 qui est chargée de venir en aide aux enfants et de soutenir les organisations qui luttent contre le sida, dont il décèdera deux plus tard à l’âge de 31 ans.

Admiratif de ce provocateur enthousiaste, qui n’a jamais hésité à se défaire des codes pour finalement porter son message au panthéon de l’art contemporain, IKONE est très heureux d’exposer et de proposer dans ses biens d’exception quelques uns des chefs d’œuvre du maître.

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